Le GEFMA, partie intégrante du Réseau National d’Échouages « RNE » sous la tutelle du CRMM de La Rochelle, s’est attaché depuis de nombreuses années à mettre en place un réseau d’alerte efficace pour le suivi des mammifères marins (cétacés et pinnipèdes) et tortues de mer, présents sur les côtes landaises et basques.

Il étoffe, ainsi, le groupe de recherche et d’épidémiosurveillance mis en place avec la DDPP - ex DSV (Direction Départementale de la Protection des Populations), les Préfectures de Départements, en étroite liaison avec les maires des communes du littoral concernés par les arrivées d’animaux marins sur l’estran, notamment après les fortes tempêtes hivernales.
Lorsqu’un mammifère marin s’échoue vivant ou mort, une procédure est appliquée par les services publics (Mairies, Préfectures, Conseils Généraux) en relation étroite avec le Centre de Recherche des Mammifères Marins de La Rochelle et le GEFMA.

Les mammifères marins sont d’excellents bio-indicateurs et bio-marqueurs, déjà utilisés en recherche, non seulement pour les pollutions mais aussi d’un point de vue épidémiologique (bactériologie, mycologie, virologie, parasitologie).
Les échouages de ces animaux permettent :
d’effectuer des prélèvements pour analyses ultérieures,
de collecter des informations dans des domaines de recherche variés (génétique, virologie, bactériologie, parasitologie...)
d’établir des échanges avec différents laboratoires de recherche.
Les résultats de ces données sont présentés à l’occasion de colloques et séminaires nationaux et internationaux.

 


État général de l’animal

Des autopsies ou nécropsies sont effectuées par les membres du GEFMA, dûment habilités et titulaires de la carte verte, spécifique pour certaines espèces protégées, délivrée par le Ministère de l’Environnement, via le CRMM de La Rochelle. Ces interventions sont effectuées en liaison avec les DSV (Directions départementales des Services Vétérinaires). Elles ont pour objectif d’évaluer les causes apparentes de la mort, les pathologies éventuelles, le degré de parasitisme ou tout autre fait marquant qui peut avoir une influence sur le statut de reproduction ou de contamination.

Contamination de l’animal

Cette contamination est évaluée par dosage de différents xénobiotiques :

Les métaux lourds : cadmium, mercure, plomb. Ce dernier, à la lecture des résultats d’analyse de 1999/2000 (atténuation des effets du mercure par le sélénium chez les mammifères marins), ne semble pas être un contaminant majeur. Il est, donc, remplacé par une étude sur la spéciation de l’arsenic et celle du cadmium. La toxicité d’un élément dépend de sa forme chimique et de ses relations avec d’autres contaminants.
Les POPs (Polluants Organiques Persistants) : PCB (30 congénères), Pesticides...

Un échantillonnage de chaque animal est effectué : taille, prélèvement dans chaque organe (muscle, graisse, foie, rein, rate...).
Cet échantillonnage nous a permis d’établir des liens avec différents laboratoires nationaux et régionaux : ANSES, LD34 et LD 40, LAPVSO Toulouse, LBEM la Rochelle, ENVT Toulouse, LPTC Bordeaux, Université de Pau et des pays de l’Adour... qui pratiquent des analyses toxicologiques complètes.

Des protocoles de prélèvements ont été établis avec ces laboratoires pour déterminer la corrélation entre la toxicité de certains polluants d’origine industrielle sur les organismes marins filtreurs, les crustacés, céphalopodes, poissons pélagiques ou benthiques et les prédateurs de la chaîne trophique supérieure que sont les mammifères marins, les tortues de mer et les requins.

 

Parasitologie

Le degré de parasitisme est évalué sur toutes les parties anatomiques de l’animal : localisation, quantité, nature... Les parasites externes (exoparasites) et internes (endo et mésoparasites) sont prélevés et adressés à un laboratoire spécialisé pour identification, proliférations larvaires, pouvoir pathogène...
Ces analyses sont suivies de publications.
Les animaux, fraîchement échoués, font l’objet d’une nécropsie approfondie. La présence de méso ou d’ endoparasites est notée.
Certains d’entre eux, notamment les Anisakidés, présents dans l’estomac et les Pseudalidés, présents dans les poumons, sont notés.
Dans la mesure où le GEFMA peut disposer de bonnes conditions de travail, les estomacs des dauphins sont ouverts pour analyser leur contenu et estimer l’influence et la fréquence des anisakiases dans les populations de crustacés, poissons et céphalopodes du Golfe de Gascogne.